
J’suis dans le PC 3 et deux arabes montent. Dégaine de blédards, le genre bruyant. On va dire que le premier est assez monstrueux (mot qui ne prendra d’ailleurs sa pleine signification qu‘ultérieurement) et le deuxième plutôt ordinaire. Le rabza-monstre, tarin crochu et bouche difforme, monte donc avec un vélo qu’il a surement volé (je remarque un panier de type féminin à l'avant). Ils s’assoient gaiement à côté d’une bande de meufs. Elles sont trois. Une quasi-obèse, une plutôt bonnasse et l’autre, transparente, qui n’existe pas. L’arabe monstrueux demande son nom à la jeune fille fraîche. Elle lui répond : « Euh, bah Julie. » Là, la grosse s'esclaffe puis dit « Et moi c’est Anne hihi... » L'arabe monstrueux marque un signe d’étonnement puis enchaîne : « Ah nan, mais toi, je m'en fous hein, la grosse… ». Alors la grosse, la jouant fière et hautaine, fait mine d'être offensée et lui répond du tac-o-tac : « Ah ben d'accord, trop sympa, HAN ! ». La fille O.P-fraîche qui se fait draguer à mort, répond gentiment à ses questions jusqu'au moment où il essaie de l’emballer. Elle refuse poliment et s’écarte. Les trois Grâces, sentant peut-être qu’il est préférable d’en rester là, descendent à l'arrêt suivant. Là, un kurde (appelons-le « le kurde ») arrive et s'assied pile en face de l’arbouche monstrueux. Ce dernier qui, soudainement, s'écrie « AH MAIS PUTAIN ! Mais elle m'a fait bander, cette pute ! » Et bam ! d’un coup, tac-tac, le voilà qui sort sa bite. Son énorme chibre, turgescent comme de bien entendu. Mais vraiment énorme quoi, colossal, de type lance-rocket homologué "Hezbollah". Le kurde se marre. Et il continue de se marrer jusqu'au moment où l’arabe ordinaire - sans doute pour se marrer encore plus - attrape son pote monstrueux tout zob dehors et le lui balance violemment dessus. Bon évidemment c'est là que tout bascule, hein. Le kurde ne rit plus du tout, repousse l'arabe monstrueux, et commence à lui coller deux trois mandales bien ajustées. L’autre répond comme il peut. L’arabe ordinaire regarde la scène, l‘air absent. Panique à bord du bus, jeunes malandrins comme mamas-africa-à-poussettes-et-boubous-bariolés s’écartent, un couple de blancs boboïsés à écharpes engagées contre la faim dans le monde, se réfugie près du conducteur qui, lui, visiblement, n’en a pas grand-chose à branler. Normal quoi. Les échauffourées entre jeunes beaufs colorés, on a l’habitude, à la RATP. Donc voilà, les choses se passent, le kurde met tranquillement sa raclée à l’arabe monstrueux puis, à un moment, brusquement, s’arrête. Il se rend compte qu’il vient de louper son arrêt. Il descend à la va-vite. Une fois les portes fermées, l’arabe monstrueux, qui se sent de nouveau invincible je suppose, ressort sa verge et la plaque contre la vitre du bus, il fait coucou au kurde et se met bruyamment à l’insulter à grands coups de « sale kurde » et autres « viens me sucer la bite bâtard ». Là le kurde, manifestement choqué, se revénère et colle une bonne grosse patate dans la vitre, ce qui n’est pas sans faire trembloter tout le bus. Deux arrêts plus tard ce sera au tour de l'arabe monstrueux et de son pote ordinaire de nous quitter. Essayant à grand-peine de descendre sa bicyclette coincée entre les barres du bus, il s'exclamera : « Ah ah ! Mais merde, putain, j'suis pas doué, on va me prendre pour un bouffon. »
À méditer.
À méditer.
